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J'ai un savoir, un terroir, je suis
un miroir.
J'ai mes chemins de traverse, mes
contes et mes légendes pour qui veut bien les entendre.
J'ai mes villages inconnus, mes
moments préférés suivant la pluie ou les cieux nuagés : je suis de
bocage, de vignoble, de peupliers le long des rus. Je suis d'humeur
gauloise, d'empreinte romaine et de beau Moyen âge, simple et coquin.
Les douaniers me
guettent au bord des falaises. Je suis d'estuaire où les prés tombent
dans la mer, et je suis d'huître où Marennes rime avec Oléron. Je suis
du Vauban des pertuis, des cannonières à jamais disparues et des chenaux
où la vase miroite au soleil. Et je suis des conches, des pointes et
des vagues au déferlement doux sur le sable filasse, qui s'étire
jusqu'aux pins.
Et je
suis d'aujourd'hui, avec mes tomates et mes framboises, et mes
fenêtres ouvertes sur le grand large.
C'est la mer à la campagne ! |